Les Sud-africains de Pure Solid reviennent avec l’EP « The Sentinel » sur JFX Lab!

Une nouvelle bombe sud-africaine débarque sur le net label JFX Lab : le deuxième EP du duo Pure Solid ! Chronique d’un EP inventif (entre dub, électro et hip hop…) et interview dans la foulée de Nico avec le duo qui nous parle de sa vision de la musique, de l’Afrique du Sud et de ses projets… No musical boarders

The Sentinel est dispo sur le netlabel JFX Lab.

The Sentinel est dispo sur le netlabel JFX Lab.

Le premier morceau, « Herbsman Anthem », est un véritable mélange entre une ambiance roots avec des basses massives, le tout servi par le MC Crosby. Bienvenue dans le style hybride de Pure Solid. L’EP se poursuit avec « High Risk ». Le duo nous révèle alors une autre facette : un stepper agressif, urbain. Ce morceau mérite d’être passé en sound-system, succès garanti ! Avec le troisième morceau (« Hotta Fya »), Pure Solid part dans du grime puissant et entêtant que le rappeur Redondo enflamme.

La dernière piste de cet EP plein de surprise, « Sufferer », reprend une structure classique de dub électro avec sa basse systématique mais avec des touches très électronisantes qui font la marque de fabrique du duo. Cet EP, dont le mixage est de grande qualité, est à découvrir : on aime beaucoup, et on en redemande!

Interview de Pure Solid (Le Cap, Afrique du Sud) : 

Nico : Bonjour ! Est-ce que vous pouvez présenter ? 

Le duo de Pure Solid.

Le duo de Pure Solid : Spooky et Dplanet.

Dplanet : Je suis Dplanet, la moitié de Pure Solid. Je m’occupe de la musique…

Spo0ky : Je suis Spooky, l’autre moitié, et je suis à la vidéo.

N. : Est-ce que vous pouvez m’expliquer votre parcours musical/vidéo ? 

D. : J’ai grandi à Londres, en Angleterre. Donc j’ai grandi en écoutant beaucoup de hip-hop, de reggae et de dub. J’ai vécu en Angleterre la première vague hip-hop venue des Etats-Unis et ça a été magique pour moi. Il y a une vraie culture sound-system au Royaume Uni et j’allais régulièrement en sessions. Ces deux influences (hip-hop et reggae) ont vraiment influencé ma musique. Plus tard, j’ai commencé à fréquenter les free-partys, au moment où la house et la techno de Détroit sont arrivées en Angleterre. J’aime ce parallèle entre l’électro de la techno et des débuts du hip-hop électro.

S. : J’ai commencé à m’intéresser aux visuels vers 17-18 ans en sortant dans les clubs en Belgique. C’est à ce moment que j’ai décidé d’apprendre le graphisme pour pouvoir faire des visuels pour la musique. Mes influences viennent des problèmes sociaux. Les visuels ont tendance à être militants – par exemple, il y a un morceau qui est sur les multinationales et un autre sur les mineurs de Marikana (Afrique du Sud NDLR) qui se sont fait tirer dessus il y a deux ans par la police.

« On tire notre inspiration de la situation sociale »

D. : Après avoir déménagé en Afrique du Sud, j’ai commencé à travailler avec une variété de rappeurs ou de musiciens. J’aime particulièrement le rap en langues indigènes. On essaie d’utiliser ce qui peut représenter là où l’on vit.

S. : Ce qui veut dire aussi produire des visuels qui présentent les conflits en Afrique du Sud.

D. : L’Afrique du Sud a un héritage musical riche et un passé politique troublé qui continue d’affecter la vie de la majorité de la population. On tire donc notre inspiration dans la musique et la situation sociale. J’ai toujours été inspiré par la musique rebelle ou avec une attitude militante. Il y a tellement de musique actuellement qui est seulement du pur hédonisme ! On n’essaie pas de faire rentrer un message dans le crâne des gens quand ils veulent s’amuser, mais juste de stimuler leur conscience et de leur donner matière à réfléchir.

N. : Donc cela pourrait être un moyen d’expliquer le caractère « hybride » de votre musique ?

D.: Mes premières influences (dub/reggae/hip-hop) seront toujours présentes mais j’aime aller de l’avant et croiser les genres. C’est important de garder la musique vibrante, vivante et pertinente. C’est aussi important pour les jeunes générations de s’intéresser au passé. Si tu joues que du roots, tu es vraiment sur une niche. Mais tu peux délivrer un message à une audience plus large en utilisant des éléments de styles plus récents, tant que tu conserves l’intégrité de la musique et que tu respectes ses racines.

N. : C’est la façon dont vous définissez une musique comme pertinente ?

La musique doit résonner avec une audience. Aujourd’hui, le public ne va pas bien réagir si on lui dit comment se comporter. Il faut trouver des moyens pour se connecter avec le public et dire ce que l’on a à dire sans qu’il ait l’impression de recevoir de leçon. Il n’est pas question d’être à la mode, mais juste de trouver le moyen correct pour délivrer son message et de permettre aux gens de prendre du plaisir. Notre but c’est d’amener les gens dans notre monde pour leur faire vivre nos pensées et nos émotions.

N. : Quand le projet a-t-il démarré ?

D. : Je dirais depuis environ 2011.

N. : Quelle était la volonté dans l’idée de faire un live machine/vidéo ?

S. : Mettre de la vidéo en live sur un live dub permet d’amplifier le message de la musique avec des narratives visuels. Cela ajoute un moyen de partager notre message et de vivre la musique.

N. : Comment êtes-vous rentrés en contact avec Jarring Effects ?

D. : On a été présenté à Jarring en 2007 par Roach d’African Dope Records qui avait été approché par JFX pour faire une compilation de la musique du Cap appelé « Cape Town Beats ». Roach nous a contactés pour soumettre quelques morceaux et finalement, quatre de nos morceaux ont été retenus.

N. : Comment est la scène dub sud-africaine ?

D. : La scène dub est très petite. Il n’y a qu’une poignée de personnes. Un des plus importants, 7FT soundsystem, s’est délocalisé à Anvers pour être proche d’une plus grosse scène.

S. : Mais Fletcher est de retour en Afrique du Sud.

D. : C’est dur à dire, il n’y a pas vraiment de culture sound-system en Afrique du Sud. Ce sont principalement des clubs et des festivals. Il y a un manque terrible de sound system de bonne qualité de manière générale…et le dub a besoin d’un son propre et puissant. De plus en plus de producteurs jouent live et ajoutent de la vidéo.

N. : Quels sont les projets à venir pour Pure Solid ?

D. : On prépare la sortie de notre troisième EP, Rootikal Skank sur le label sud-africain On A Break (onabreakrecords.com). On vient aussi de finir un EP intitulé Beautiful Disaster avec Shamon Cassette. C’est un rappeur de New-York qui a travaillé précédemment avec Spoek Mathambo (rappeur et producteur sud-africain).

Et bien sûr, nous venons de sortir un EP sur JFX Lab qui s’appelle The Sentinel. (voir review ci-dessus).

Propos recueillis et traduits par Nico W.A.I. 

Ecoutez et achetez le EP The Sentinel sur le site de JFX Lab ici : 

http://jfxlab.net/pure-solid/

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