Chronique : « In Dub » de Dubmatix

Le producteur candien ne s’arrête donc jamais! Un an tout pile après son dernier opus Rebel Massive, Dubmatix sort un nouvel album, In Dub, qui célèbre ses dix ans de productions musicales, toujours sur le label hambourgeois, Echo Beach. Embarquement immédiat pour Toronto pour un vol « in dub » sans trop de turbulences. 

Ce n'est rien de moins que le 6e album de Dubmatix en dix ans.

Ce n’est rien de moins que le sixième album de Dubmatix en dix ans.

Aïe aïe aïe cette pochette avec ces flammes et cette bouche dessinées… Il ne faut pas trop s’y fier, pas plus qu’au nom de l’album en question ne pourrait pas être plus bateau : « In Dub »! Parce que c’est un album de dub justement, on attend plus d’originalité et d’identité, surtout de la part d’un producteur établi.
Car Jesse King alias Dubmatix l’est assurément après plus de dix ans de releases dont cinq albums depuis 2004. Rien de moins.

Plus que ses premiers efforts dont la musique s’éparpillait un peu dans toutes les directions, ses deux derniers disques, System Shakedown (2010) et Rebel Massive, sorti il y a un an à peine, donnaient à entendre un son original, reggae à la base mutant en stepper ou en drum and bass ou (bon) dubstep pour un rendu bien punchy. Un nouvel album à moins d’un an d’intervalle du précédent (sorti le 24 avril dernier), parsemé qui plus est de nombreuses tournées, ce n’est jamais bon signe et on ne peut que craindre le pire à l’écoute de l’intro façon présentation de cirque et des deux premiers morceaux bien monotones (« Circus Maximus Dub » et « Galactial Dub »). Car malgré les cuivres mélodieux du dernier, le rythme peine véritablement à s’emballer.

Il ne faut en revanche pas plus de deux secondes pour comprendre que le track 3 (« Stone Dub)  est une tuerie : un rythme qui tape, une basse à la limite de la wooble, des skanks tranchants et cette voix merveilleuse qui se permet de subtiles et langoureuses incursions… C’est quand même Earl 16 au micro qui réchauffe un riddim froidement dub électro un peu à la façon de l’école berlinoise (Rythm and Sound et compagnie…). Le rendu est envoûtant autant qu’entêtant!
Derrière, comme son nom l’indique (« Dub Steppa »), c’est un gros stepper qui tâche. Pas original pour un sou mais diablement efficace avec cette batterie explosive, sa ligne de basse bien grasse et un petit sample robotique qui va bien…

Encore un remix du « Satta Massagana »

C’est encore plus classique ensuite avec « Inna Breath », un morceau enjolivé par des cuivres en soutien d’une belle ligne de basse. Derrière « Magnetic Dub » reprend les vieilles recettes des premiers albums avec un riddim cyclique et bien scotchant qui s’essouffle un peu sur la longueur. « Into Battle Dub » s’affiche pour sa part d’entrée comme un maître stepper avec un riddim précis, ciselé et massif dès lors que la lourde basse est libérée. Là encore, des notes de cuivres relancent sans arrêt la rythmique martiale et impitoyable pour l’un des meilleurs morceaux de l’album.

« 007 Dub » fait quant à lui penser aux dubs jamaïcains des années 70′ de King Tubby mais en 2014, ça frise un peu la monotonie malgré encore un beau travail des cuivres et un sample réussi. « Ichense Dub » accroche d’avantage l’oreille par une mélodie subtile qui convainc par sa musicalité poussée à l’extrême. Assurément du bon boulot avec un rendu très propre avec des passages au saxophone à la fin qui s’étendent un peu plus que d’habitude.

Dixième morceau, « Black Madonna Dub », démarre en fanfare avant de lasser un peu par un mix un peu frileux, en tout cas trop respectueux des techniques jamaïcaines. Et finalement le morceau qui surprend le plus l’oreille parmi les derniers est peut-être « Mad Massa Gana Dub » qui reprend le riddim certainement le plus éculé dans le reggae, le fameux Satta. Mais Jesse Dubmatix réussit à le rajeunir un peu avec pas mal d’effets ainsi que les gimmicks incisifs de Dennis Al Capone.

Dernier track de l’album, « The Release » résume parfaitement la teneur de cet album : une belle mélodie, des cuivres langoureux, une grosse ligne de basse, un mix très propre… qui n’arrivent pas forcément à nous faire décoller ni à nous surprendre. Cette sortie est donc largement dispensable pour ceux qui aiment les sons qui « tapent » un peu plus, les dubs aux tempos plus élevés. Elle reste en revanche chaudement recommandée pour les amoureux du reggae/dub plus classique où la mélodie prime sur la cadence, avec en plus, cette touche de saxo assez irrésistible et si caractéristique du dubber canadien!

Musical Echoes.

Tracklisting : 

Intro DJ Dapper Dan (aka Chris Brown) (0:46)

01. Circus Maximus Dub (4:05)

02. Galactical Dub (3:48)

03. 16 Stone Dub (ft. Earl 16)(5:10)

04. Dub Steppa (3:56)

05. Inna Breathin’ Dub (3:20)

06. Magnetic Dub (3:55)

07. Into Battle Dub (3:58)

08. 007 Dub (3:53)

09. Ichense Dub (4:51)

10. Black Madonna Dub (3:07)

11. Mad Massa Gana Dub

(ft Dennis Alcapone) (3:40)

12. The Release (4:05)

Ecoutez un morceau de l’album (« Ichense Dub ») ici : https://www.youtube.com/watch?v=Xv0iSFzbBNE

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