Chronique : « Watch your step » de Kanka

Le cinquième album de Kanka, l’ambassadeur français du stepper, est sorti hier (le 24 février)! Musical Echoes vous décrypte cette nouvelle release step by step, tune by tune. Bienvenue dans le monde de la basse pachydermique et du riddim pour défilés militaires ou quand le dub français fait allégeance à l’Angleterre… Warrior style! 

L'album sort aujourd'hui dans les bacs.

L’album est sorti le 24 février dans les bacs.

Kanka vient de Rouen mais il pourrait tout aussi bien venir de Londres, Leeds ou Bristol. Enfin, c’est ce qu’on pourrait en déduire à l’écoute de sa musique. Car son truc à lui, c’est le stepper pur et dur. Un style de dub radical né de l’autre côté de la Manche entre les décennies 1980 et 90. Et si le dub maker se tourne vers l’Angleterre, la scène anglaise l’a d’ailleurs largement adoubé. Combien de fois par exemple, Mark Iration  (du sound-system Iration Steppas) a-t-il joué ses productions en session, précisant au micro : « This is Kanka, Kan-Kaaa! I love this man! Steppa style! »

Après quatre albums de dub depuis 2005 et un opus strictement dubstep (sous le nom d’Alek6), tous signés chez Hammerbass, Kanka sort donc son sixième effort, sur son propre label, Dubalistik, cette fois. Un changement de label qui annonce un changement de style? Pas vraiment à en juger par les premières notes de ce Watch your step qui s’ouvre sur un « Venus Dub » un peu convenu au rythme trop linéaire pour surprendre des oreilles exercées. Les grosses basses sont bien là et annoncent la couleur mais la rythmique est poussive et ne vaut que si elle est écoutée à plein volume. Sur un sound system, ça passe beaucoup mieux à l’évidence!

Heureusement, le deuxième morceau est tout autre. En grande partie grâce à la voix bien connue d’Echo Ranks, qui fait souffler un vent de fraîcheur avec un « Worries & Problems » très réussi aux lyrics bien sentis. Une collaboration qui se poursuit plus tard dans l’album, avec la track 11, « Stepperstyle » au riddim stepper (forcément) bien ciselé et efficace quoique plutôt prévisible là encore. Voix poignante, flow qui assure, Echo Ranks a trouvé la bonne formule. Dans un style bien différent, YT tire aussi son épingle du jeu avec un « Disconnect yourself » aux paroles incisives et bienvenues en ces temps du tout numérique et signe une des belles réussites de l’album. Mais la vraie tuerie de Watch your step, c’est assurément « Never let them » ! Elle permet à El Fata et son timbre si particulier de chevaucher à merveille un riddim endurant bâti pour les grosses sonos! Ce titre est un hit en puissance où musique et chant s’allient parfaitement pour un rendu plein de maîtrise mais aussi d’énergie communicative. On pull up this one et pas qu’une fois!

Un morceau dédié à London !
Quatre morceaux chantés sur douze au final et autant de beaux succès qui donnent de l’ampleur et de la chaleur aux productions proposées. Pour le reste, c’est plutôt classique mais toujours percutant à l’image de « Ghost of Dub » qui sample une voix familière introduisant bon nombre de tubes early digital (« Come King Everald! ») avant de la perdre dans des échos infinis…

Plus mélodieux, le thème suivant bénéficie de cuivres en prélude à une déflagration de basse assez massive! Il fallait bien ça pour déclarer sa flamme à la capitale anglaise et lui dédier le morceau « London »! Dans un genre similaire, « Rainbow Dub »(track 10) est un dub entêtant et mélodieux où les cuivres enjolivent un riddim tout en boucles. Sans conteste, le morceau le plus « roots » de l’album!

Rien à voir avec les autres dubs au rendu plus digital et stepper comme « Straight Dub », petite leçon du genre encore très orientée vers les productions UK. Tout comme le morceau « 37 », construit comme une lente mais inéxorable avancée de basse que rien ne peut arrêter.
Les deux derniers dubs sont quant à eux plus alertes et variés. « Spring » séduit grâce à des passages de clavier accrocheurs mais un bruit récurrent de sonnerie de téléphone gâche un peu notre plaisir. Quant au dernier morceau du disque, « We love bass », c’est une vraie réussite à plusieurs titres.
La tune s’oriente en effet d’avantage vers un dub laptop à la Jahtari et fait du bien après cette succession de riddims stepper. Elle nous permet aussi de voir que Kanka est aussi à l’aise avec d’autres styles musicaux et pas avec les seuls stepper ou dubstep. Car de ce côté là, le producteur n’a plus grand chose à prouver, il est passé maître en la matière depuis un moment et c’est dommage d’attendre le dernier morceau pour nous donner à entendre un autre son de cloche. On l’attend désormais sur des horizons un peu différents, le dub, aussi bon soit-il, a besoin de renouvellement!

Musical Echoes.

Tracklisting : 

01 – Venus Dub
02 – Worries & Problems feat Echo Ranks
03 – Ghost of Dub
04 – London
05 – Disconnect Yourself feat YT
06 – Straight Dub
07 – 37
08 – Never Let Them feat EL Fata
09 – Rainbow Dub
10 – Spring
11 – Stepperstyle feat Echo Ranks
12 – We Love Bass

Regardez ici le teaser de l’album : 

* Une série de vinyles maxis de certains titres de Watch your step et leurs extented dubs devraient aussi sortir prochainement. Surveillez les bacs!

3 réflexions sur “Chronique : « Watch your step » de Kanka

  1. Pingback: Kanka : "En sound, il faut laisser les versions dub jusqu’au bout!" | Musical echoes

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