Ackboo: « En live c’est comme si j’emmenais un bout de mon studio avec moi ! »

DUB INTERVIEW! Après le directeur artistique du Télérama Dub Fesitval, c’est au tour de l’artiste Ackboo de se confier à Musical Echoes. Le jeune producteur toulousain dont la musique a gagné en audience depuis la sortie de son album (« Turn up the Amplifier ») en mars, sera demain vendredi sur la scène du Centquatre. Il partagera l’affiche avec Junior Cony feat. Shanti D, Dub Colossus, Dubakill et Iration Steppas (live) pour une soirée d’un bel éclectisme qui promet! 

Ackboo en plein live lors du récent Roots Meeting #17 en Isère.

Ackboo en plein live lors du récent Roots Meeting #17 en Isère. Crédit photo : Alex See.

Musical Echoes : Ackboo, tu n’as que 28 ans, comment as-tu découvert le dub?

Ackboo : C’était il y a déjà plus de 10 ans, à 17 ans. A la fac, j’ai découvert High Tone. J’ai tout de suite adoré au point d’écouter leurs premiers disques en boucle dans mon minidisc!  Après je suis vite remonté aux sources en découvrant King Tubby, Scientist ou King Jammy puis la scène anglaise, avec Jah Shaka, Aba Shanti I ou encore Iration Steppas… Ce sont eux qui m’ont donné envie de faire cette musique.

M.E. : Mais tes influences ne se limitent pas seulement au dub…

A. : Non j’écoute de tout! En fait, j’écoute de la musique tout le temps. Beaucoup de reggae bien sûr mais aussi du rap français et américain, du ragga, du trip hop, un peu d’électro. Tout peut m’intéresser et m’interpeller. Mes parents qui vivent en Egypte écoutent énormément de jazz et je pense que ça m’influence aussi. Après c’est vrai que maintenant c’est d’abord la scène dub anglaise que j’aime mais je reste ouvert sur d’autres sons…

« Quand tu fais un album, tu es tout seul aux commandes »

M.E. : Comment as-tu commencé à composer?

A. : A la base, je faisais des instrumentaux hip hop et en découvrant le dub, je me suis vite essayé à cette musique…

M.E. : Je t’ai découvert avec le morceau « Botswana dub » sur la compilation Step 4 I mais c’est le morceau « Bangladesh Dub » qui t’a fait connaître dans le milieu?

A. : Oui mais avant j’avais déjà sorti quelques morceaux sur des compilations dès 2007. En 2009, « Bangladesh Dub » est sorti en vinyle (maxi) sur un label anglais (Roots Youths) et c’est vrai que c’était une petite reconnaissance dans le monde du dub! Après j’avais déjà des connexions dans le dub français car il y a trois crews dont  je suis très proche : Dawa Hifi de Bourges, On Dub Ground de Tours et Gary Clunk de Bordeaux…

Le premier album d'Ackboo est sorti sur Hammerbass.

Le premier album d’Ackboo est sorti sur Hammerbass.

M.E. : En mars de cette année, tu as sorti ton premier album Turn up  the Amplifier qui a été bien accueilli par la critique et la scène dub. Est-ce que tu sens que ta notoriété a progressé depuis?

A. : Oui carrément! Depuis j’ai fait pas mal de jolies dates et j’ai eu plein de retours positifs. Avant ce disque, je n’avais sorti que deux singles en vinyle commandés spécifiquement par des labels. Quand tu fais un album, c’est plus stressant, tu es tout seul aux commandes. Quand j’ai fini la première maquette, je l’ai envoyée à Hammerbass (label de dub basé à Paris NDLR) qui a accepté de le sortir, j’étais vraiment content…

M.E. : Comment s’est faite la connexion avec le Télérama Dub Festival où tu es programmé?

A. : Quand l’album est sorti, Télérama l’a chroniqué et Frédéric Péguillan a appelé le label Hammerbass pour m’inviter à jouer. J’étais très content et même fier d’être programmé pour un tel événement.

M.E. : Au début du mois, tu as déjà une fait une date à Montpellier avec Kanka dans le cadre du Télérama Dub, comment ça s’est passé?

A. : Super bien! Le public était vraiment chaud, le son de la salle (Victoire 2) était super. On avait tous un gros smile à la fin!

M.E. : Ce vendredi, tu seras au Centquatre de Paris. Cette date est particulière pour toi?

A. : C’est une date parisienne c’est spécial, ça me fait plaisir d’aller à Paris. Quand je monte sur scène, c’est pour me faire plaisir et je suis fier et super heureux de partager tout ça avec le public. Encore plus pour un grand festival…

« J’avais donné un CD de mes productions à Mark Iration en 2008… »

M.E. : Tu partageras l’affiche avec , entre autres, Iration Steppas qui clôture la soirée en formation live,  je suppose que tu les connais un peu…

A. : Oui oui! En fait c’est même le premier sound anglais à avoir joué du Ackboo! A l’époque, en 2008 je crois, j’avais rencontré Mark Iration pendant une soirée au Trabendo. Je lui avais donné un CD de mes productions et quelques jours plus tard il m’a renvoyé un mail pour me dire qu’il aimait mon son et qu’il allait même le jouer en sound !

M.E. : Vendredi tu sera accompagné au micro? Pas par Macky Banton de Iration Steppas?

A. : Non mais il y aura deux MCs avec moi sur scène. Zion I qui un Londonien qui habite à Toulouse et qui joue avec moi depuis longtemps et S Kaya qui est un Français qui a bossé notamment avec Bush Chemists (groupe et label anglais de reggae/dub majeur NDLR).

M.E. : Sur scène, tu proposes un live machine, par opposition au live instrumental ou au sound system. Qu’est-ce que tu fais exactement? Mixer en live, en quoi ça consiste?

A. : J’appuie sur le bouton « Play » de mon ordinateur et j’attends! (rires…). Non en fait, dans mon ordi, j’ai stocké tous les samples de chacun de mes morceaux séparément. La basse est isolée, la batterie aussi, la caisse claire… Tout ça est relié à une table de mixage via une carte son, ce qui me permet de remixer tous les morceaux à ma sauce. Je recrée le mix en direct en retravaillant les effets… Pendant les balances, j’essaie déjà de prévoir mon mix en fonction du son de la salle. C’est comme si j’amenais un bout de mon studio avec moi pour m’adapter aussi au public et au tempérament du MC qui m’accompagne! Si il est énervé ou plutôt posé, je vais construire mon live différemment…

M.E. : En tant qu’adepte des machines, comment considères-tu les groupes de dub live (instrumentaux) ?

A. : Avec un grand respect! Ce qu’ils font, c’est « ultra big »! Moi j’aime bien faire de la musique seul, c’est comme ça que je me sens le mieux mais avec les groupes live et les sound systems, on est trois branches de la même famille dub! Il ne faut pas les opposer…

M.E. : Que penses-tu de la mode du dubstep dans le dub actuel alors que le stepper que tu affectionnes semble un peu plus en retrait en ce moment?

A. : Je n’ai rien contre le dubstep quand il a une racine dub! Après les plus trucs plus électro comme ce que fait Skrillex (DJ américain NDLR), j’aime beaucoup moins… Mais c’est vrai que c’est pas mal à la mode en ce moment. Plus la musique évolue, plus on a de chances que notre message et notre musique touchent des jeunes générations donc c’est positif. Le mélange et le métissage, je suis pour, dans la musique et en général!

Recueilli par Musical Echoes. 

* Ackboo sera sur la scène du Centquatre (5 rue Curial, Paris 19e) demain vendredi 21 novembre, de 20h55 à 21h45.
La programmation complète du week-end ici :

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Voir le site du Télérama Dub Festival ici : http://www.teleramadubfestival.fr/

Voir le site d’Ackboo ici : http://ackboo.com/

Achetez une place pour la soirée du 22/11 ici : http://www.digitick.com/dubakill-danakilindub-iration-steppas-dub-colossus-ackboo-j-cony-festival-le-centquatre-paris-22-novembre-2013-css4-digitick-pg101-ri1956052.html

Un morceau d’Ackboo feat. Macky Banton (« Turn up the Amplifier ») à écouter ici :

Un ancien morceau d’Ackboo (« Botswana dub » sorti en 2007) à écouter ici : 

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