Pupajim (Stand High) et Rico (OBF) : « Le dub reste underground! »

DUB INTERVIEW! Ce samedi 6 juillet marque le retour à Paris de la soirée « Skank it up » consacrée au 2e volet de la « Launch Party » du festival Outlook en Croatie. Un événement en deux temps (de 14h à 6h du matin) très attendu par les fans de dub et de bass music! Avec Mala, Kahn, Ikonika, Dub 4, Swindle et Von D (…), les sounds Stand High Patrol et OBF (feat. Shanti D), amis et habitués à jouer ensemble, devraient encore une fois mettre le feu au Glazart (19e). Avant ce « marathon de la basse », Pupajim, la voix de Stand High et Rico, l’un des deux membres d’OBF, se sont confiés à Musical Echoes pour une interview croisée. Ils y évoquent la rencontre et la complicité des deux crews,  leur conception de la musique et leur vision de la scène dub actuelle…

Stand High Patrol, lors de passage au Toulouse Dub Club, en novembre dernier. Crédit : Martin Clément.

Stand High Patrol, lors de son passage au Toulouse Dub Club, en novembre dernier. Crédit : Martin Clément.

Musical Echoes : Quand êtes-vous venus jouer à Paris pour la dernière fois ? Comment vous trouvez l’ambiance ici?

Pupajim : Nous avons joué au festival « Music Rock the Nation » fin mai. L’ambiance est toujours au top ici, c’est un public de connaisseurs, encore plus pour les soirées Skank it up.

Rico : La derniere fois à Paris c’etait au Trabendo pour un meeting avec Blackboard Jungle, l’ambiance était au rendez vous mais ce n’était pas non plus un truc de fou. Le Glazart, c’est plus agité car la taille de la salle apporte une ambiance plus familliale, et à chaque fois que nous jouons au Glaz c’est avec la famille (Stand High, Dub 4…) donc les gens ressentent cet esprit et cette bonne entente.

« A chaque fois qu’on jouait ensemble, les flics débarquaient! »

M.E. : Vous partagez pas mal de sessions depuis quelques années. Vous souvenez-vous de la première ? Comment vous vous êtes rencontrés ?

Pupajim : Mac Gyver (l’opérateur de Stand High) a rencontré OBF lors du festival Ja’Sound (nom du festival reggae de Bagnols-sur-Cèze avant qu’il soit repris par Garance en 2010 NDLR) il y a pas mal de temps, en 2005, et ils ont échangés des prods. Pour ma part, j’avais croisé Rico et Guillaume à Subdub à Leeds (Angleterre) en 2004. La première session c’était dans le sud-ouest avec les potes d’Equal Brothers, la police a débarqué car le son était trop fort  (rires). La « vibes » a toute de suite prise, tant au plan amical que musical et ça a toujours été un plaisir de jouer ensemble !

Rico : Il faudrait demander a Mac Gyver car c’est lui qui tient tout ça à jour dans un carnet confidentiel! (rires). Oui, la première rencontre était au Jah Sound. On a fait une session privée avec Jonah Dan, Equal brothers, Stand High et OBF et  on a joué des dubs toute la nuit en mode dub fi dub (un morceau chacun NDLR). Quelques mois plus tard pour la première vraie session,  la série noire a commencé :  à chaque fois qu’on jouait ensemble les flics débarquaient aux soirées et cela, trois fois de suite!

M.E : Vos rencontres sont toujours explosives. Au-delà de votre amitié, qu’est-ce qui vous réuni ? Pourquoi est-ce toujours le « bordel » quand vous jouez ensemble ?

Pupajim : Au delà de l’amitié, je pense que nos sons sont complémentaires. On a la même vision de la musique et les gens le ressentent. Cela a toujours été une sorte de compétition positive où chacun des crews essaie de donner le meilleur de lui même, de jouer un maximum de nouveautés, toujours dans un soucis d’expérimentation.

Rico : Quand tu revois la famille, c’est toujours un plaisir et cela se traduit par une avalanche de vibz et de dubplates! Les gens ressentent cette énérgie et cela crée un joyeux bordel.

Rico (OBF) à la sélection. Crédit : JB (Dub Livity).

Rico (OBF) à la sélection. Crédit : JB (Dub Livity).

M.E. : Après tant de sessions partagées, n’avez-vous pas pensé à produire un disque ensemble ? Ou une compile de remixs les uns des autres ?

Pupajim : Très bonne idée ! Nous avons déjà produit quelques dubplates ensemble et on se remixe les uns les autres mais ça reste dans l’esprit dubplate pour le moment.

Rico : Nous avons déjà collaboré sur plusieurs morceaux mais ils sont bien rangés dans nos disques durs pour être joués en soirée en tant que morceaux exclusifs! Dangerous!

« Il y a quelques années, c’était rare de voir les gens danser en France »

M.E. : Quel est votre regard sur la scène dub française actuelle ? Pensez-vous qu’elle prenne le pas sur la scène live contrairement au début des années 2000 ?

Pupajim : La scène sound system est de plus en plus big et solide en France, et c’est tant mieux!

Rico : La scène live dub française s’est orientée, depuis quelques années déjà, vers un dub plus fusion/rock,  alors que la scène sound system s’est développée et renforcée avec des sonorités reggae/dub et d’autres influences plus électroniques. Mais il est vrai que la scène sound system est en train de grignoter du terrain sur la scène live dub, et nous avons pu voir certains groupes dub développer des sides project en version sound system, comme Dub Invaders de High Tone crew.

M.E. : On a l’impression que le public français ne découvre le sound-system que depuis quelques années. C’est presque devenu à la mode, même pour des gens qui n’ont aucune culture reggae ou dub. Comment vous l’expliquez ?

Pupajim : Tout simplement parce que dès que l’on entend un son joué par un sound sytem (comme nous il y quelques années en Angleterre), on peut difficilement s’en passer après. C’est une sensation différente qui incite plus à danser et les gens apprécient cela. Il y a quelques années, c’était rare de voir les gens danser en France, maintenant tout le monde danse et c’est tant mieux. Je pense que c’est ce que recherchent les gens quand il vont en sound.

Rico : Je ne sais pas…  Il y a un boom, une ouverture d’esprit , un mélange de cultures et de styles musicaux qui a rassemblé  les gens. Le reggae/dub  ou le dubadub sont devenus très en vogue mais sans perdre pour autant  leur propre identité de musique militante ou underground.

En quelques années, Pupajim a su imposer sa voix particulière de la scène dub européenne.

En quelques années, Pupajim a su imposer sa voix si particulière sur la scène dub européenne.

M.E. : Mais est-ce que le dub est toujours underground quand on voit les énormes festivals qui se tiennent partout en Europe ?

Pupajim : Le dub marche bien en ce moment mais ce n’est rien comparé à d’autres styles musicaux. Il reste underground et je pense qu’il le restera. Mais cela ne l’empêche pas de toujours influencer d’autres musiques plus commerciales (le rock, la house, le dubstep…).

Rico : Les festivals sont peut-être énormes, mais l’argent degagé pour les structures dub n’est pas énorme… Souvent ce sont de petites structures qui sont embauchées au sein du festival pour représenter la scène sound system. Donc, oui cela reste encore underground!

« Dans le reggae, les riddims ont été pompés des milliers de fois! »

M.E. : Vous avez tous les deux un style musical très identifiable et assez unique, en marge de celui des autres sounds français. Vous avez une volonté affirmée de vous démarquer musicalement ?

Pupajim : C’est notre but, essayer d’apporter notre petite pierre à l’édifice. Par exemple, on essaie de ne jamais reprendre de lignes de basses connues… On fait ça aussi parce que dans le reggae, les riddims ont été pompés des milliers de fois, alors qu’il y a tant d’autres choses à faire, c’est dommage.

Rico : Il faut trouver sa marque de fabrique, son identité et ensuite ça sera votre carte de visite! Il faut savoir se démarquer pour faire la différence en session avec d’autres sounds.

De gauche à droite : Rico, Pupajim et Rootystep.

De gauche à droite : Rico, Pupajim et Rootystep.

M.E. : Même avec une base et des influences reggae, votre musique s’éloigne souvent du roots…

Pupajim : Nous composons de la musique à partir d’ordinateurs et de machines, donc forcément cela s’éloigne du roots!

Rico : On reste roots dans la facon de la faire, hé hé!  On est toujours tres influencés par le roots, dans la construction des riddims et la façon de mixer, mais il est vrai que l’on s’inspire aussi des sonorités actuelles. Il faut s’adapter et innover. Pour notre part on essaie toujours de tester et d’expérimenter. Dub Thing you know!

M.E. : Quels autres artistes ou sounds vous influencent-ils? La culture sound-system anglaise?

Pupajim :  Forcément tous les producteur anglais des années 1980 (Offbeat Posse, Unity, Saxon) et ceux des années 1990 (Iration Steppas, The Disciples, Tubbys …) nous ont beaucoup influencés.

Rico: La culture sound anglaise est au centre de nos influences, beaucoup d’artistes nous ont influencés, trop pour en citer que certains.

M.E. : Pupajim, c’est quoi le « dubabub » ? D’où vient ce terme?

Pupajim : Il y a quelques années, Tena Stelin (un chanteur anglais NDLR) nous a fait une dubplate sur un riddim un peu new wave ou il chantait : « ceci est du dubadub », nous avons gardé le terme, cela nous permet d’être libre. Le dubadub c’est juste ce que l’on fait et cela évite que certains nous mettent une étiquette…

M.E. : Rico, quel est le style d’OBF ? Steppa dub ? Comment le définis-tu?

Rico : Le style d’OBF n’est pas seulement steppa dub!  Lors de nos longues sessions,  nous avons le temps de raconter une histoire à travers les différents styles de reggae que nous aimons : les Roots Radics ou Channel 1 des 70’s, les productions digital des 80’s, les dubs anglais des 90’s, pour finir avec des sélections du 21e siècle qui relient toutes ces époques. Concernant les productions OBF, on peut appeler ça dub ou words and bass.

Un nouveau label pour OBF : Dubquake Record

M.E. : Quelle est votre actualité? Des projets de releases ? Des grosses dates en prévision ?

Pupajim : Après une rentrée 2013 un peu chargée, nous revenons à la base, c’est à dire créer des sons à tester en session. On va pas mal tourner pour le Télérama Dub Festival pendant l’automne. Et nous avons notre propre sound-system désormais, donc le but est de le sortir, de l’améliorer… (Stand High a sa propre sono depuis le printemps. Ses scoops ont été construits par Stef Lion (Lion Roots) et  elle a été testée pour la première lors de la soirée Bublle & Rock de Brest, fin avril NDLR).

Rico : Nous sommes en train de préparer pleins de choses dans le studio OBF. Peut-être un album qui sait…  Et nous sortons le mois prochain une premiere release sous notre nouveau label intitulé « Dubquake Record » avec à chaque fois une collaboration entre OBF et des invités… Pour les dates cet été on est sur la route entre Sicile, Pologne, Slovénie et Espagne pour finir en Croatie pour l’Outlook festival où nous sonorisons et gérons la scène sound system avec Blackboard Jungle. Ensuite la saison indoor reprendra bien chargée avec notamment le Télérama Dub Festival et les soirées Dubquake (à Genève NDLR)…

M.E. : Vous savez déjà quand vous allez revenir à Paris ?

Pupajim : Pour le Télérama Dub Festival en novembre, avec la sono (les dates parisiennes du festival sont prévues au 22 et 23 novembre NDLR).

Rico : Non…

M.E. : Vous serez en Croatie fin août pour l’Outlook. Comment trouvez-vous ce festival ? Que diriez-vous aux lecteurs pour leur donner envie d’y aller?

Pupajim : Tout le monde y est, dans la bonne ambiance, pour les amoureux de la basse c’est à faire au moins une fois!

Rico : Pour les artistes, c’est un endroit où se rencontrer, c’est un centre de vacances pour passionnés de musique et tu croises toute la dub familly anglaise , francaise et croate. Pour l’affiche, c’est comme si tu retrouvais en quatre jours de line up ce que tu ne penserais même pas voir en quatre ans!

OBF et Stand High sont prêts à enflammer de nouveau le Glazart... Crédit : JB (Dub Livity).

OBF et Stand High sont prêts à enflammer de nouveau le Glazart…
Crédit : JB (Dub Livity).

* Outlook Launch Party part 2/Skank it up. Samedi 6 juillet 2013. La Plage de 14h à 01h (10 €) et Le Club, de 22h à 06h (15 € en préventes uniquement, pass pour les deux à 22 €). Le Glazart, 7/15  avenue de la Porte de La Villette, Paris 19e.  Il reste quelques places pour les deux événements.

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Regardez un extrait vidéo d’une session (à Genève) Stand High/OBF ici : 

Un autre extrait (à Montaigu) ici : 

Plus d’infos sur l’Outlook Festival 2013 ici : http://www.outlookfestival.com/

Dernières chroniques de « Musical Echoes » sur les releases d’OBF et de Stand High à lire ici :

https://musicalechoes.wordpress.com/2013/05/16/chronique-unemployed-le-nouveau-single-de-stand-high-patrol/

https://musicalechoes.wordpress.com/2013/02/18/des-nouveaux-maxis-45t-pour-obf-et-stand-high-patrol/

3 réflexions sur “Pupajim (Stand High) et Rico (OBF) : « Le dub reste underground! »

  1. Hi, somebode give me info when this interview will be available to read in english or polish, plx.
    Rest of the world wants to know Pupajim, too😀

    thx and salute!

  2. Pingback: Chronique maxi 45T : OBF et Weeding Dub pour la première release "Dubquake record" | Musical echoes

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