Chronique: « Good Morning Midnight » de Biga Ranx, en concert samedi à Paris

Le 2e album de Biga Ranx est disponible depuis peu.

Le 2e album de Biga Ranx est disponible depuis peu.

Biga Ranx est un homme pressé. Après un premier album qui l’a révélé en octobre 2011 (« On Time »), le toaster tourangeau revient à peine un an et demi plus tard avec un second opus : « Good Morning Midnight », sorti le 15 avril et toujours signé sur le label parisien X-Ray. Est-ce étonnant quand on sait que le jeune homme a commencé à toaster dès l’adolescence et qu’il est parti, à peine majeur, en Jamaïque à la rencontre de ses influences musicales?

Biga Ranx va vite donc, très vite. Y compris dans la composition et surtout dans sa diction. C’est d’ailleurs son flow incisif et rythmé qui lui a permis de percer. Démonstration d’entrée sur ce « Good Morning Midnight » avec un entraînant Boogie Man Skank et le sample d’une vieille voix de deejay jamaicain en intro : oui Biga regarde toujours vers la Caraïbe quel que soit le genre de riddim chevauché! Une façon sans doute pour l’artiste de rappeler son influence majeure, la première d’entre toutes : le reggae! Un rappel confirmé par le second tune de l’album, Don’t stop jammin’ même si ce dernier se teinte déjà d’une grosse wobble bass (Merci les Danois de Maffi!) et d’un clavier bien électro pour un riddim sautillant et bien bâti.

Car musicalement, l’album est d’une belle variété sans non plus laisser cette impression de pachtwork fade et sans identité de certaines des dernières releases de reggae moderne. Il faut dire que le jeune s’est entouré des meilleurs riddims makers pour l’occasion, français mais pas seulement : son frère Atili Bandalero, Maffi, Tom Fire, Manu Digital ou encore l’anglais Vibronics qui signe la troisième tune de l’album Full Time, l’une des plus abouties musicalement. Un dub rampant sur lequel on reconnaît la patte dub et subtile du producteur de Leicester.

Voix rocailleuse à la Buju Banton

Mais Biga Ranx n’a visiblement pas envie de s’enfermer dans un style particulier. Sur une base de reggae/dancehall moderne, le plus souvent digital, la musique de Biga va parfois plus loin, empruntant là au hip-hop, ici à la bass music, voire à la trap music comme sur le terrible Bad to the Bone. Sur ce titre atypique, Biga prend sa voix la plus rough (dure) et s’adresse aux Gal (filles) en ces termes directes :  « Shake your coconuts! ». Un dancehall décomplexé et délirant digne des meilleures productions jamaïcaines des années 1990-2000. D’autant que la voix rocailleuse du français rappelle sur ce titre celles des plus gros deejays de Kingston comme Buju Banton ou Vybz Kartel.

Autre tune à ranger au rayon des réussites, l’entraînant Mi nah easy, en patois jamaicaïn, fait bien apprécier le flow énergique et tout en rimes de l’artiste. Natural ResourceZip Bag, Good Morning Midnight ou Kingston Chronic figurent aussi parmi les titres les plus aboutis de cet album qui en comptent vingt au total! Et c’est d’ailleurs le seul petit reproche qu’on lui peut faire. Vingt titres, c’est beaucoup et tous ne sont pas essentiels. Même si Biga Ranx s’est calmé sur les love songs qui polluaient un peu son premier album (celui-ci n’en comptent que deux, pas mauvaises d’ailleurs : Gutta Love et Confession), il peut lasser sur certains titres aux arrangements plus sommaires surtout quand le propos est léger comme sur Cheese Cake, Bubble like Perrier ou Buck a Shot qui n’apportent pas grand chose. Quant à la chanson Wild World, c’est le gros point noir du disque: des choeurs dégoulinants de guimauve sur un clavier affreux pour une soupe internationale bien indigeste qui rappelle que le reggae ne gagnera jamais rien à se teinter de pop!

En concert ce samedi soir à La Cigale de Paris!

Reste que la grande majorité des titres demeure de bonne facture et quelque-uns sont même des hits en puissance à l’instar des tout premiers morceaux qui ouvrent brillamment le lp. Même s’il s’essouffle un peu par la suite, ce dernier est une vraie réussite. Une confirmation surtout : le talent indéniable de ce toaster hors-pair dont le débit vocal n’a rien à envier à ceux des plus gros deejays jamaicains. Et Gabriel de renouveler cette promesse faite sur son premier album : oui, on peut tout à fait être français, blanc et faire du bon reggae/dancehall. Le démontrer à tout juste 25 piges, ce n’est quand même pas rien!

Biga en live, c'est de la dynamite. Crédit photo: NOVA.

Biga en live, c’est de la dynamite. (Crédit photo: NOVA)

D’ailleurs ceux qui en douteraient encore sont invités à se présenter à La Cigale ce samedi 25 mai. C’est ici que Biga Ranx donnera le concert parisien de son « Good Mornig Tour ».Car si on peut toujours discuter les performances studio de l’artiste, ses prestations live mettent quant à elles tout le monde d’accord. Accompagné par ses musiciens, Biga donne toujours tout ce qu’il a. C’est un lieu commun mais c’est vraiment sur scène que l’artiste libère toute son énergie de jeune lion rugissant. Ses shows sont à son image, communicatifs, remuants et électriques. Et on en ressort à tous les coups lessivés avec des jambes courbaturées et une gigantesque banane à la place de la bouche.

Musical Echoes.

*Biga Ranx en concert (1re partie : Chil Bump) : samedi 25 mai 2013, à partir de 19h30. La Cigale, 120 bd Rochechouart, Paris 18e.
Métro Anvers ou Pigalle. 27,5O € en réservation. 

Track listing de « Good Morning Midnight » : 

  1. Boogie man skank
  2. Don’t stop jammin’
  3. Full time
  4. Natural resource
  5. Snap back
  6. Zip bag
  7. Good morning midnight
  8. Dewey like this
  9. Holidays hold up
  10. Wild world
  11. Gutta love
  12. Confession
  13. Mi nah easy
  14. Cheese cake
  15. Big city dweller feat. Potential Kid
  16. Buck a shot
  17. Kingston chronic
  18. Bad to the bone
  19. Bubble like Perrier
  20. This wall will fall

Le clip de « Zip Bag » à voir ici : http://www.dailymotion.com/video/xyaou0_biga-ranx-zip-bag-clip-officiel_music#.UZzKtxxiCIw

Le clip de « Bad to the bone » à voir ici : 

3 réflexions sur “Chronique: « Good Morning Midnight » de Biga Ranx, en concert samedi à Paris

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