Ken Boothe et Johnny Osbourne : la génération 1948 investit le Cabaret Sauvage demain soir!

Ken Boothe, légende vivante du rocksteady.

Ken Boothe, légende vivante du rocksteady.

Dans le reggae comme ailleurs, il y a les concerts qui sentent le réchauffé et puis il y a les autres… Avec des noms aussi ronflants que ceux de Ken Boothe et Johnny Osbourne, on pourrait penser que celui de demain soir appartient à la première catégorie. Il n’en est rien! Et passer à côté serait passer au travers de tout un pan de la musique jamaïcaine. Plusieurs même…

Car les chanteurs qui se relaient ce jeudi sur la scène du Cabaret Sauvage à Paris ne sont pas des novices, mais des vétérans, véritables légendes vivantes du reggae. A tous les deux 65 ans, Ken Boothe et Johnny Osbourne sont des rescapés de cette période faste où les mythiques labels tournaient à plein régime et où le reggae explosait à la face du monde. Tous les deux dans un style différent et caractéristique, représentent le reggae authentique tel qu’il est déjà mort et enterré  depuis quelques années en Jamaïque.

Ken Boothe d’abord est bien l’une des dernières étoiles de l’île. Lorsqu’il naît en 1948, la Jamaïque est loin d’être indépendante (1962) et le reggae n’est même pas à l’état embryonnaire. C’est d’ailleurs pendant la période du ska et plus encore, celle du rocksteady que le chanteur gagne ses principaux galons. Grâce à une voix soyeuse et très soul, Ken Boothe ne tardent pas à signer des hits magnifiques, véritable bande son de la Jamaïque tout juste indépendante :  Everything I own, Set me free, Train is coming… Son groove imparable lui permet aussi d’interpréter quelques love songs d’anthologie, reprises ou non : Artibella, Aint no sunshine ou le classique parmi les classiques When I fall in love

Fort de 40 ans de carrière depuis ses débuts au sein du duo Stanger and Ken, « Mister Rocksteady » n’est pas un papy grabataire et si son timbre est forcément un peu diminué, nul doute qu’il aura à coeur de rappeler au public parisien l’immense chanteur qu’il est, lui qui a chanté pour les plus producteurs de Kingston : Clement « Coxsone » Dodd ou Leslie Kong.

Le hit « Truth and Rights »

Dans le genre, icône du reggae, Johnny Osbourne se pose également là. S’il est aussi né en 1948 (voire même en 1947 selon les sources!), Errol Osbourne a commencé sa carrière plus tard que Ken Boothe. Mais depuis il ne l’a jamais mise entre parenthèse, traversant les époques et les modes avec une facilité déconcertante. C’est que l’homme est doué, très doué. Un vocaliste hors pair qui s’illustre d’abord sur du roots & culure. Sa chanson Purify your heart, hymne roots des Seventies, en est le parfait exemple. Repéré à ses débuts par Winston Riley, Osbourne signe ses premiers tunes dans les années 70 mais c’est lors des prémices du dancehall qu’il devient une véritable star en Jamaïque.

Mister Budy Bye himself.

Mister « Budy Bye » himself.

Notamment au cours des années 1979 et 1980 pendant lesquelles il enregistre pour Studio One. De cette collaboration fructueuse avec Coxsone, accouche le fameux titre Truth and Rights et l’excellent album éponyme. Véritable star du dancehall, il enchaîne alors les hits d’envergure comme Water Pumping ou le survitaminé Budy Bye jusqu’au milieu des années 80 où il prouve qu’il peut aussi chevaucher les riddims digitaux comme personne, notamment ceux de King Jammy!

Depuis lors et entre deux aller-retours au Canada, aux Etats-Unis ou au Japon où il est très populaire, Johnny Osbourne reste un artiste très demandé, notamment pour les dubplates sur lesquelles il excelle! En revanche, l’Europe et la France sont sevrés de ses performances depuis une vingtaine d’années jusqu’à l’été dernier et un retour gagnant au Garance Reggae Festival de Bagnols-sur-Cèze. Sa date parisienne demain soir n’en est donc que plus incontournable!

En première partie, c’est le deejay vétéran Lone Ranger qui fera admirer son flow réputé et expérimenté. Le même artiste qui, débarquant tout juste de Kingston, mit le feu à la scène parisienne dès 1979 avec Chester son manager, décédé depuis! Backé par Soul Stereo, le toaster devrait proposer bien plus qu’une simple mise en bouche d’une concert événement qui réunit en l’espace d’une soirée toute la diversité du reggae music. Un must!

Musical Echoes.

* Lone Ranger,  Ken Boothe et Johnny Osbourne feat. the Homegrown Band. Jeudi 11 avril, à partir de 19 h30. Cabaret Sauvage, parc de la Villette, 59 boulevard Mac Donald, Paris 19e. Préventes : 33 €.
Réservation ici : http://garanceprod.fnacspectacles.com/place-spectacle/manifestation/Reggae-KEN-BOOTHE—JOHNNY-OSBOURNE-CS11A.htm

Un reportage de Tracks (Arte) sur la venue de Johnny Osbourne au Garance Reggae fesitval ici : http://www.arte.tv/fr/johnny-osbourne/7323882,CmC=7323888.html

Un titre (« Set me free ») de Ken Boothe ici : 

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