Back to the (black) Roots ce soir à Paris!

Le groupe s'est formé en 1979 à Bristol.

Le groupe Black Roots s’est formé en 1979 à Bristol.

Black Roots. Ce nom ne vous dit  peut-être rien. Pourtant, c’est bien l’un des groupes majeurs du reggae anglais (avec Steel Pulse, Aswad ou Misty in Roots) qui se produit pour toute première fois samedi 5 janvier, à Paris, sur la scène du Cabaret Sauvage.

Bristol, 1979. Huit jeunes amis plus ou moins désoeuvrés, tous immigrés de la Jamaïque décident de monter un groupe de musique. Bien aidée par la nombreuse diaspora jamaïcaine locale, la bande ne tarde pas à multiplier les petits concerts au chapeau au tout début des années 80. Alors qu’à l’époque la Jamaïque est entrain d’abandonner le roots pour sombrer dans le dancehall et ses riddims digitaux, les groupes anglo-jamaïcaines reprennent le flambeau du roots and culture, adaptant leurs paroles à la réalité locale, parfois aussi désenchantée que celle des ghettos de Kingston.

Black Roots, comme son nom l’indique est donc l’un des dignes héritiers du mouvement reggae roots. Et il ne faut guère plus de quelques secondes à l’oreille avertie pour s’en convaincre. Basse obèse, batterie cinglante, skanks de guitares acérés, harmonies langoureuses et paroles on ne peut plus « conscientes », tout y est! D’autant que les membres du groupe, tous rastas, revendiquent une identité noire qui commence à s’affirmer dans la Grande-Bretagne pas forcément tolérante d’alors. Leurs titres Survival, Africa ou Chanting for Freedom en sont les exemples parfaits.

Deux sessions live d’anthologie à la BBC

Mais c’est le maxi Bristol Rock (4 titres) qui va leur permettre de percer en 1981, date à laquelle un DJ de BBC Radio 1 (John Peel) commence à diffuser ces morceaux avant d’inviter le groupe à les jouer en live and direct à la radio pour deux sessions d’anthologie en 1982. La carrière du groupe est lancée mais leur premier album éponyme ne se vend qu’à 5000 exemplaires. Pas si grave pour Black Roots qui capitalise sa popularité naissante sur scène où ils affichent souvent complet.

Musicalement, les Black Roots ont tout pour percer. Et si certains de leurs titres font vraiment penser aux premiers efforts de Steel Pulse (notable sur Bristol Rock ou The System), le groupe ne tarde pas à trouver une identité propre notamment grâce à ces harmonies vocales qui rappellent celles des meilleurs groupes jamaïcains early-roots. Leur son est sec et puissant,  ça « claque » fort. Le morceau Juvenile Delinquant et son introduction magnifique par exemple suinte le roots le plus authentique, léthargique et profond à souhait. Les titres Move on, Confusion ou encore Pin in the Ocean sont tous des hits reggae en puissance.

Malheureusement, la reconnaissance escomptée n’est jamais au rendez-vous, la majorité des gros labels refusant de les faire signer. Et après une bonne dizaine  d’année à écumer les scènes britanniques (près de 1000 concerts) et quelques albums moins convaincants à la fin des années 80, le groupe se sépare en 1993 pour se reformer en… 2012. Avec à la clé, une nouvelle release en septembre dernier, On the Ground plus qu’honorable même si elle n’a pas le tranchant des premières compositions.

Une grande première à Paris

En dépit donc une carrière semée d’embûches qui n’a guère dépassé les frontières de la Grande-Bretagne, le groupe n’est pas inconnu en France  grâce à deux magnifiques rééditions en 2004 et en 2007 du label Makasound (disparu en février 2011) : On the Frontline qui compile les deux premiers albums du groupe et Black Roots in session, un trésor qui reprend les deux sessions enregistrées pour la BBC ainsi que quelques autres titres et versions alternatives. Un travail précieux et salutaire qui réhabilite un groupe singulier qui mérite une bien plus large audience.

Quelles que soient les raisons de cette soudaine reformation, le retour de Black Roots est une sacrée pour nouvelle le reggae roots déjà mort et enterré en Jamaïque et qui ne subsiste que grâce au public en Europe, aux Etats-Unis ou au Japon. Leur concert ce soir  à l’occasion (prétexte) de la célébration du Noël éthiopien est donc un événement à ne pas rater d’autant que c’est la toute première fois que le groupe monte sur une scène parisienne!

Quoi de mieux donc pour commencer cette nouvelle année du bon pied qu’un retour aux racines fondamentales du genre? A la mère des mères de toutes les musiques reggae actuelles : le roots and culture.
Back to the Roots with the Black Roots!

Musical Echoes.

Black Roots : samedi 5 janvier 2013 à partir de 20h au Cabaret Sauvage (Parc de la Vilette, Paris 19e, Métro Porte de Pantin ou Porte de la Villette). 26,40€ en prévente.

Un extrait (« Juvenile Delinquent ») ici : 

Le même tune en live ici : 

Un autre extrait (« Pin in the Ocean ») ici : 

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s