Le Télérama Dub Festival célèbre dix ans de dub sans frontières

Le compte à rebours a commencé. Chaque « dubber » l’a dans un coin de la tête depuis quelques mois déjà et l’annonce de la programmation du dixième Télérama Dub Festival. Cette fois nous y sommes ou presque. Dans huit petits jours, le 104 (19e) ouvre ses portes pour accueillir l’étape la plus fournie du festival qui a lieu pendant tout le mois de novembre dans plusieurs villes de France.  Elle se décline en deux soirées incontournables donnant à entendre de nombreuses facettes d’une musique toujours plus riche.

Tout commence donc vendredi 23 novembre par une une soirée déjà massive. Bien plus qu’une simple mise en bouche, elle accueille deux mastodontes anglais très différents de la musique sound-system : Adrian Sherwood et Gorillaz Sound System.
Avant eux, les Suisses de Filewile nous montreront leur côté dub en donnant le coup d’envoi des hostilités. Ensuite, c’est rien de moins qu’ Adrian Sherwood qui devrait dispenser une leçon d’histoire musicale au public parisien du haut de sa trentaine d’année de carrière au service de l’expérimentation sonore à travers notamment le mythique label On-U Sound ou encore Pressure Sound. Le producteur, compositeur et remixeur londonien qui a participé aux premiers balbutiements du genre de l’autre côté de la Manche, est un touche-à-tout génial et devrait envoyer du très lourd, du reggae le plus roots au dub UK le plus industriel en passant des musiques rock ou dance… Le tout remixé avec ce grain de folie qui est lui propre comme celui qui émane de ses deux albums Never trust a hippy et Becoming a cliché. 

Blur produit par Adrian Sherwood en 2003

Si on fouille un peu dans la biographie de Mister Sherwood, on constate qu’il a-entre autres choses- produit le groupe Blur en 2003, juste avant l’arrêt temporaire des grands rivaux d’Oasis. Ce même groupe de pop britannique dont le chanteur et leader Damon Albarn, n’est autre que l’un des fondateurs de… Gorillaz dont la déclinaison sound-system complète l’affiche de la soirée de vendredi après la performance d’Adrian Sherwood! Un exemple de l’ouverture d’esprit musical illimité d’Adrian Sherwood et du festival initié par Télérama qui l’a invité. Car pour conclure cette belle soirée, c’est bien Gorillaz Sound System qui débarque avec son univers virtuel déjanté, ses visuels de dessin animé futuriste et sa musique mixée et remixée qui donne irrésistiblement envie de groover qu’elle soit pop, rock, hip hop, dub ou autres…. Leurs armes? Un DJ, un percussionniste, un batteur et un directeur artistique qui adapte l’image au son à moins que ça ne soit l’inverse… Le tout forme un show explosif et électrisant qui devrait conquérir les clubbers comme les dubbers. Lesquels ne devraient pas trop tarder à rentrer se coucher à la fin du concert (vers minuit) car le lendemain, c’est bien un marathon du dub qui leur est proposé. Il leur faudra donc tenir…

Gorillaz Sound System, des musiciens virtuels pour une musique bien réelle.

Parce que la soirée ou plutôt la nuit du samedi 24 novembre n’est pas banale. Personne ne s’y est trompé et elle affiche déjà complet depuis ce lundi. Et pour cause,  ce n’est pas qu’une  simple succession de concerts ou un défilement de sound-sytems… Ce sont 13 performances différentes réparties en trois lieux distincts de 19 h à 6 h du matin. Soit pas moins de 11 heures de dub, live ou machine, parfois simultanément. Bref, c’est une nuit rêvée pour tout fan de dub et plus généralement pour tout amateur de bonne musique qui devrait laisser plein d’étoiles dans les têtes et quelques courbatures à ceux qui la feront jusqu’au bout.

Pour être tout à fait honnête, avant d’avoir pris connaissance du le line-up (voir détail ci-dessous), l’inquiétude était grande de devoir faire des choix douloureux en manquant des performances en étant à tel endroit plutôt qu’un autre. Certains se demandaient même pourquoi ne pas avoir pas étalé la prolifique programmation sur deux voire trois soirées… Mais en fait ce n’est qu’à partir d’une heure du matin que les dilemmes se poseront. En début de soirée, le menu déjà copieux est commun à tous et se déroule comme suit : Brain Damage (qui défend son récent et terrible album en mode sound-system-chronique à lire ici : chronique-brain-damage-dub-sessionswhat-you-gonna-do-), Orfaz, Uzul versus Molécule, la chanteuse anglaise Hollie Cook remixée live par Prince Fatty, les Brestois de Stand High Patrol et leur « dub a dub » furieux  pour finir en beauté avec le dernier projet de Kaly Live Dub, Bass Crafters featuring Shanti D bien chargé en basses comme son nom l’indique. On pourrait aisément se contenter de cela et pourtant, la nuit ne fait alors que démarrer…

Iration Steppas sur sa sono jusqu’au petit matin…

La danse se poursuit dans deux endroits séparés avec deux visions différentes-mais pas incompatibles- de la musique dub. Le Musical Riot hall propose une nuit sound-system « inna Dub Station style » avec le dub/dubstep entraînant du normand Kanka suivi du dub psychadélique de T.I.T pour s’achever dans l’allégresse avec the « Vangard of dub », le surpuissant et inégalé steppa-dub made in LeedsIration Steppas!  Bien sûr, ce n’est pas la première fois, loin de là même, que le sound-system se produit en France. De Paris à Marseille en passant par Nantes ou Bagnols-sur-Cèze pour le Garance Festival (…), Mark Iration a un peu fait de la France sa deuxième maison. Reste que le voir aux commandes de son propre sound-system (sonorisation comprise) est plutôt rare. Armé jusqu’aux dents en sélections explosives et en dubplates exclusives, Iration Steppas devrait se faire un malin plaisir d’achever en beauté les massives jusqu’au petit matin pour une expérience absolument jubilatoire!

Est-ce bien raisonnable de laisser le soin à Iration Steppas de clôturer la nuit sound-system avec plus de 3 heures de stepper dévastateur?

Dans le même temps, le « Joe Strummer hall » accueille plusieurs groupes de dub live pour un hommage vibrant au leader des Clash, Joe Strummer décédé en 2002 et qui aurait eu 60 ans cette année. Ce dernier fait figure de premier musicien blanc majeur à avoir assimiler du reggae et du dub à son punk rock originel. Et les programmateurs ont là encore vu les choses en grand. Se succèdent ainsi sur scène : Yosh qui reprend les Clash version dub (leur album Yosh dub the Clash doit bientôt sortir dans les bacs), Zenzile, précurseur et groupe phare du dub live français et dont le dernier album, Electric Soul est une petite merveille (chronique à lire ici: electricsou). Une rencontre inédite entre les Nancéiens de Dub in VO et le Canadien Dubmatix devrait aussi faire de belles étincelles avant que les deux londoniens déjantés Sly and Reggie ne rendent à leur tour hommage à Mister Strummer… Bref, une soirée London Calling version dub à Paris!

Voilà pour le line-up impressionnant en tout cas sur le papier. Chacun est ensuite libre de faire sa petite cuisine et d’aller et venir entre les deux espaces selon ses sensibilités ou au contraire son envie de découvrir une culture musicale méconnue. C’est aussi et surtout d’ailleurs ça le dub. Une musique qui, plus qu’une autre, s’alimente de diverses influences pour les cuisiner -et bien souvent les améliorer- à sa sauce. On verra sans doute ainsi des rastas adeptes de roots & culture « tripper » sur des reprises des Clash ou des vieux punks prendre une claque bien méritée devant les basses obèses distillées par les sound-systems. Vous l’aurez compris, le dub se nourrit de tout et tout se nourrit du dub, le cercle est vertueux. La musique avance ainsi, sans jamais rien renier mais sans jamais rien s’interdire non plus. C’est d’ailleurs l’esprit de la programmation de ce dixième Télérama Dub Festival qui réussit en l’espace d’un week-end, à réunir toutes les tendances d’un genre qui ne cesse de croître tout en restant underground. Un véritable tour de force pour un rendez-vous à ne surtout pas manquer!

Musical Echoes.

Le programme en détails: 

——-Vendredi 23 novembre——–

◆La Nef◆:
19h00: ouverture des portes:
19h30 > 20h15: Filewile
20h30 > 21h30: Adrian Sherwood
22h00 > 23h30: Gorillaz Sound System

——–Samedi 24 novembre——–
Pour cette Nuit de Sound System et de Live, le Télérama Dub Festival et le 104 vous accueilleront dans pas moins de trois espaces dédiés :
◆La Nef◆:
19h00: Ouverture des portes
19h15 – 19h55: Brain Damage
20h05 – 20h45: Orfaz
20h55-21h40 : Uzul vs Molecule
21h55-22h55 : Hollie Cook – live mixed by Prince Fatty
23h05-00h15 : Stand High Patrol feat.Pupajim
00h20-01h00 : Bass Crafters (Kaly Live Dub side project)
◆Musical Riot Hall◆ (powered by Iration Steppas Full System)
00h30: openning / warm up
01h00-02h00 : Kanka
02h00-02h45 : T.i.T
02h45-06h00: Iration Steppas

◆Joe Strummer Hall◆ (Hommage à Joe Strummer):
1h00-02h00: Yosh plays The Clash
02h10-03h10 : Zenzile
3h20-04h30 : Dub in VO meets Dubmatix
04h40-06h00 : Sly & Reggie (Strummerville)

La soirée du 24/11 affiche déjà complet, en revanche il reste des places pour celle du 23/11 à commander ici :
http://www.digitick.com/telerama-dub-festival-reggae-ragga-dub-css4-digitick-pg5-rg2905.html

Le teaser du festival (national) à regarder ici: 

Une réflexion sur “Le Télérama Dub Festival célèbre dix ans de dub sans frontières

  1. Pingback: Manu (Yosh) : « Le message des Clash n’a pas pris une ride!  | «Musical echoes

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