Chronique : « Electric Soul » de Zenzile

Trois ans après le déroutant Pawn Shop, Zenzile revient dans les bacs avec l’album Electric Soul sorti le 24 septembre. Un opus épuré de 9 titres tous chantés et disons-le d’entrée, tous de très bonne facture. En partie grâce à un changement de direction musicale bienvenue qui devrait ravir les fans de la première heure. Entre autres, ceux qui ont pris leur première claque dub en écoutant le radical Sachem in Salem ou le lunaire Sound Patrol, les deux premiers albums des musiciens angevins. Fini donc les complaintes rock amères des deux derniers opus, Zenzile revient aux fondamentaux dub tout en s’ouvrant à bien d’autres styles jusqu’alors peu ou pas explorés par la bande.
Car à peine passé le dub aérien du magnifique Scars d’ouverture, l’oreille est surprise par une nouvelle voix dès le deuxième morceau : celle de Jay Ree, MC franco-egyptien, petit nouveau du groupe, qui complète la voix sensuelle et reconnaissable entre mille de Jamika. L’homme est féru du reggae et ça s’entend, lui qui toaste à la manière d’un deejay jamaicain des années 80 (certains diront à mode hip hop) sur No Idol ou sur Chewin’ Mi Mic, véritable « trip » dubbesque boosté au skank de guitare, à la flûte traversière, aux échos et autres distorsions sonores… Un must!
Sur Stay, Jay Ree délaisse son flow acéré pour un chant plus plaintif, répondant au phrasé de la dub poétesse Jamika dans un morceau taillé pour le succès qui constitue le premier single du LP. Mais ce n’est pas tout : Yuri’s Porthole donne plutôt dans l’électro rock léchée tandis que Man Made Machine fait plutôt penser à une bonne vieille ballade entre groove et soul. Autre ballade, celle du rootsman jamaicain Winston McAnuff qui promène son timbre on ne peut plus grave sur un Magic Number enchanteur quoique musicalement minimaliste. Rien à voir avec Mind Control et surtout Overtime (au fil du temps), un véritable petit bijou de plus de huit minutes qui caractérise à lui seul Zenzile : cette guitare et cette batterie rock soutenue et agressive, cette ligne de basse d’une rondeur absolue, ce clavier stepper et ces cuivres plein de douceur. Et ce rythme entêtant qui rampe longtemps avant d’exploser au grand jour. On en sort lessivé, les sens en émoi et le coeur battant. Oui le dub est bien une musique de combat et même les plus violentes batailles portent un espoir en leur sein : celui d’un monde meilleur. Avec une telle musique, aussi cérébrale qu’intense, il le sera assurément. Et Zenzile de signer un album riche et puissant qui donne à entendre ce qui se fait sans doute de mieux aujourd’hui en matière de dub instrumental et qui devrait prendre tout son sens en live.

Musical Echoes.

Le nouvel album de Zenzile est disponible dans les bacs ou en téléchargement depuis le 24 septembre dernier.

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